L'effarouchement des grands prédateurs

L’effarouchement, nouvelle forme de cohabitation entre la France et ses derniers grands prédateurs ?



Si les ours trop curieux, gourmands et donc potentiellement dangereux pour l’homme (et donc finalement pour eux même) sont régulièrement « effarouchés » dans les parcs nationaux américains par des professionnels gardiens du parc que sont les rangers, on peut se poser des questions quant à cette méthode ici en France !


Quid de son efficacité et de sa dangerosité pour l’homme comme pour l’animal d’un point de vue de la rigueur scientifique ?

En Ariège une campagne d’effarouchement pour protéger certaines estives qui auraient été impactées par les plantigrades (n’oublions pas que de 5 ours en 1995, nous n’en avons jamais qu’une petite quarantaine, strictement protégés par la loi depuis !) est mise en place par des « effaroucheurs » professionnels, agrémentés par le ministère.

Ne sommes-nous pas ici à propos de cette espèce emblématique et donc du peu qu’il nous reste de biodiversité et de grande faune dans nos massifs, dans une stratégie plus politique que réellement naturaliste ?


Faire plaisir à certains éleveurs ? Protéger réellement les troupeaux mais aussi les grands prédateurs de la tentation ? La question est ouverte.

Les photos témoignages ici présentées, aussi rares soient elles, montrent qu’ils existent depuis la nuit des temps une concurrence entre canidés et Ursidés !

Les chiens de troupeau, lointainement issus du loup ne l’oublions pas, sont certainement le moyen le plus naturel à préconiser pour la protection et un effarouchement doux et non violents, contrairement à des tirs de balles non létales mais très traumatisantes et accidentogènes !


Pour rappel, le gardiennage des troupeaux par le financement de chien de garde de troupeau, type Patou, fait partie de l’arsenal d’aide et autres dédommagements déjà financés par la collectivité pour assister les éleveurs de montagne ainsi que leur troupeau.

Cette Aide financière et logistique collective aussi nécessaire qu’efficace, est justifiée et comprise des français. Les éleveurs ont leur droit aussi en Montagne et ce droit est celui du partage du territoire.


Et puisque de nombreux témoignages des personnes concernés prouvent que lorsqu’il est sur le terrain, un berger à l’ancienne et ses chiens sont pour les loups et les ours une arme de dissuasion non létale absolument remarquable, intelligente et efficace, il faut continuer à encourager, financer cette méthode protectrice et préventive !


Encore faut-il jouer le jeu de la présence réelle sur les estives de bergers et leurs chiens grâces à ces subventions ! Le métier de berger, vieux comme l’humanité est un métier aussi beau que difficile et tout comme nos grands prédateurs, il fait partie de notre patrimoine historique à préserver.

Ensuite dans de rares cas en effet, lorsque cela ne suffit pas, il est légitime de penser qu’il vaut mieux un loup ou un ours effarouché qu’un de ses animaux sauvages mort !

Mais cela doit être une mesure d’exception et non pas une technique préventive systématique qui consisterai finalement à terroriser nos derniers grands prédateurs au sein même de leur biotope naturel !

Le grand public tout comme les spécialistes doivent rester absolument vigilant et exercer à leur tour une pression politique, médiatique, sociale pour que les choses se passent le mieux possible et en bonne intelligence à ce sujet car savoir ce que nous voulons conserver de nature chez nous en France est l’affaire et le défi de tous pour nos enfants et leurs propres enfants un jour.


Texte et photo Arnaud MARCHAIS, photographe et Président de Troisième Planète.

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